TE-04Le terrain
Le chien à la chasse
Le rapporteur dans le vrai travail : le rôle du retriever à la chasse, ce qu'il fait que nul autre ne fait, et ce que la saison lui demande.
Noté le · N. Delorme, rédactrice de dressage · relu par P. Castaing

Tout ce que le cahier a décrit, le rapport, la direction, la gueule douce, les épreuves, n'existe que parce qu'il y a un vrai travail à faire : ramener le gibier tombé là où le chasseur ne peut pas aller. Le retriever est le chien du coup de fusil fini : celui qui ne chasse pas, qui ne pousse pas, qui attend que le travail commence quand le fusil se tait.
Ce que le chien fait
Le retriever de chasse reste au poste, immobile, pendant que la journée se déroule : le battement, les coups de feu, le calme entre. Quand le gibier tombe, dans l'eau, dans les roseaux, dans le couvert épais, dans le champ voisin, le chien marque le point de chute, attend l'envoi, et va le chercher. Là où un homme mettrait dix minutes à retrouver un canard dans les joncs, un bon retriever le fait en une minute.
La vocation de la race est dans ce seul geste : le gibier qui serait perdu est perdu sans le chien, et le gibier perdu est du gibier gaspillé.
Ce que la saison demande
Une saison de chasse demande au chien ce qu'aucun exercice ne reproduit tout à fait : des journées entières d'attente, de l'eau froide en novembre, le gibier tombé loin et mal vu, la fatigue du soir. Le chien qui fait ce métier doit être assez calme pour l'attente et assez ardent pour le travail, et les deux dans le même animal, c'est la tension que le standard décrit quand il parle de tempérament.
Ce que le conducteur lui doit
Le travail réel demande au conducteur les mêmes vertus qu'aux épreuves, plus une : savoir quand ne pas envoyer. Le chien fatigué, l'eau trop dangereuse, le gibier qui s'est relevé et court encore, le conducteur qui lit sait refuser l'envoi. Le field trial le note ; la chasse le paie en sécurité.
L'épreuve comme entraînement
Les working tests et les field trials existent parce que le vrai travail ne s'exerce qu'en saison, et que le reste de l'année il faut garder la main. Ils sont l'entraînement du travail, pas sa fin, et le meilleur des conducteurs le sait : celui qui court les épreuves pour la coupe a oublié le gibier, celui qui les court pour le chien l'a gardé.
Le retriever et les autres chiens
Le retriever n'est pas le seul chien de chasse, et le cahier le note honnêtement : le braque cherche et arrête, l'épagneul pousse et rapporte, le teckel travaille sous terre. Le retriever a la fonction la plus étroite et la plus exigeante : il ne fait qu'une chose, le rapport, et il doit la faire parfaitement. Sa valeur se lit dans le gibier rendu entier, pas dans le nombre d'heures au poste.
Cette étroitesse est sa force : le chien qui ne fait que rapporter n'a pas à choisir entre les métiers. Le conducteur qui a compris cela n'attend pas de son retriever qu'il chasse ; il attend qu'il ramène.
La page, relue
Le rôle du retriever à la chasse, marquage, envoi, recherche, remise, est décrit par le standard de la race et par la tradition de la chasse au gibier d'eau et de plaine ; la saison et l'attente sont la part que les règlements ne peuvent pas écrire.


