EX-01Les exercices
Le rapport simple
L'exercice fondateur du retriever : le dummy posé, l'envoi, la prise, le retour et la remise à main, et pourquoi tout le reste en découle.
Noté le · N. Delorme, rédactrice de dressage · relu par P. Castaing

Tout le travail du retriever tient dans un geste : un objet tombe, le chien part, le reprend, le ramène, le remet à la main. Le rapport simple est l'exercice qui l'apprend, et la première page du cahier lui revient parce que tout le reste, le memory, la direction, l'eau, n'en est que la variation.
Ce que l'exercice demande
Le schéma canonique est connu : le conducteur tient le chien au pied, lance un dummy de toile à une dizaine de mètres, attend, envoie. Le chien part en ligne droite, prend le dummy proprement, revient au même pas, se présente devant le conducteur et remet l'objet à la main sans le lâcher avant l'ordre. Chaque verbe de cette phrase est un morceau de l'exercice, et chacun peut être travaillé seul.
Le détail que les débutants ratent est l'attente : le chien ne part pas au lancer, il part à l'envoi. Cette discipline-là, rester au pied pendant que l'objet part, est la première leçon de ténue, et elle porte tout le reste du dressage.
Comment on le monte
On le monte par morceaux, jamais entier d'un coup. La tenue au pied d'abord, dans le calme, puis pendant le lancer. La prise de l'objet ensuite, à la main, sans distance. Puis le rapport court, quelques mètres, avec retour immédiat récompensé. La distance ne s'allonge que quand le morceau d'avant est ferme ; un chien qui lâche le dummy à cinq mètres ne doit pas être envoyé à vingt.
La règle d'écriture du cahier : on ne note une étape franchie que quand elle est refaite trois fois de suite, à deux jours différents. Un geste réussi une fois est un hasard ; trois fois, c'est un début d'habitude.
Les fautes que l'exercice pardonne mal
Trois fautes reviennent dans tous les cahiers de dressage : le chien qui part avant l'envoi, celui qui joue avec le dummy au retour, et celui qui le pose à terre au lieu de le remettre. Les trois ont la même racine, on a allongé la distance ou ajouté de l'excitation avant que le morceau précédent soit acquis. La correction n'est pas une sanction : c'est un retour en arrière d'un morceau, refait calmement.
Le rapport simple ne souffre pas non plus la répétition bête. Cinq lancers dans la même séance font déjà un chien qui anticipe ; mieux vaut trois lancers justes qu'une douzaine qui dégradent.
Pourquoi tout en découle
Le memory n'est qu'un rapport simple dont on a retardé l'envoi. La direction n'est qu'un rapport vers un objet que le chien n'a pas vu tomber. L'eau n'est qu'un rapport dont le sol est liquide. Le working test et le field trial ne sont que des rapports enchaînés sous le regard d'un juge. Celui qui a monté proprement un rapport simple possède la grammaire de tout le reste.
Le dummy comme instrument
Le choix du dummy compte plus que les débutants ne croient : la toile cirée trop dure apprend à pincer, la plume véritable trop tôt apprend à jouer. Les dressoirs commencent au dummy souple, de poids mesuré, et n'introduisent le gibier congelé que quand la prise est sûre. L'instrument n'est pas un détail : c'est la moitié de l'exercice.
Et la règle du rapport simple vaut pour toute la vie du chien : on y revient, chaque saison, avant de remonter la distance. Le cahier le note une fois pour toutes, un exercice fondateur n'est jamais terminé, il est seulement en avance sur le reste.
La page, relue
L'exercice décrit ici suit le schéma enseigné dans les clubs de travail français et les manuels de dressage des retrievers : les sources citées en marge donnent le cadre, les morceaux de montage suivent la pratique courante des dressoirs de rapport.


