RE-04Le registre
Le standard et le rapport
Ce que le standard de la race dit du travail : la gueule douce, le tempérament, l'aptitude, et comment le texte lu en entier décrit le retriever.
Noté le · N. Delorme, rédactrice de dressage · relu par P. Castaing

On cite le standard pour la taille et la couleur ; le cahier le cite pour le travail. Lu en entier, le texte du labrador, comme celui du golden, est le manuel d'origine du retriever : il décrit un chien fait pour rapporter, avec le tempérament qui va avec, et chaque clause prend un sens différent quand on la lit debout dans un champ.
Ce que le standard écrit
Le standard du labrador parle d'un chien « fortement constitué, très actif », au tempérament « bon », « intelligent, vif et obéissant », « avide de plaire », « adapté au travail », et à la gueule « douce ». La liste est une description de poste : le chien qui rapporte le gibier sans dommage, qui se laisse diriger à distance, qui supporte l'eau froide et le couvert épais, et qui revient au pied après l'effort. Le texte n'a jamais dit autre chose ; les expositions et les épreuves ne sont que deux façons de le lire.
La gueule douce comme clause
Parmi les clauses, celle de la gueule douce est la plus ancienne et la plus exigeante : elle dit que le chien porte sans pincer, et elle exclut de fait le chien qui écrase, mâche ou secoue. Elle n'est pas un détail d'esthète : c'est la fonction de la race écrite en trois mots, et le juge de travail qui pénalise une mauvaise prise ne fait qu'appliquer le texte.
Le tempérament lu correctement
Le standard dit aussi le tempérament : amical, sans agressivité ni timidité, travaillant avec entrain. C'est le portrait du chien qui peut attendre une journée au poste puis courir un rapport, qui vit en meute sans querelle, qui prend un coup de sifflet comme un ordre et non comme une offense. Les éleveurs de travail lisent cette clause comme la plus importante du texte : le corps se corrige en trois générations, le tempérament mal choisi en trente.
Pourquoi le standard suffit
On pourrait penser que le texte est incomplet pour le travail : il ne parle ni de vent, ni de direction, ni du memory. Mais le standard n'a pas à le faire, il décrit le chien, pas l'exercice. Le chien décrit est le chien capable de tout l'exercice : l'envoi en ligne, le stop, la recherche au nez, la remise. Les épreuves ne font qu'écrire ce que le standard promettait.
Le standard comme contrat
Le standard est aussi un contrat : celui qui a été écrit entre la race et ceux qui la jugent. Le juge qui note la gueule dure, le conducteur qui exige l'envoi, l'éleveur qui choisit le tempérament, tous appliquent le même texte. C'est pourquoi le cahier le lit entier : la clause qu'on saute est celle qu'on paiera.
La lecture du standard se refait chaque année, comme la page se relit : le texte ne change pas, mais le lecteur oui. Celui qui a vu cent remises lit la clause de la gueule autrement ; celui qui a conduit un chien en field trial lit « avide de plaire » autrement. Le standard est le manuel qui se comprend avec les années.
La page, relue
Le texte cité est celui du standard FCI du labrador retriever ; la lecture qui en est faite, standard comme description du travail, est celle que les éleveurs de lignées de travail en ont toujours donnée.


