RE-02Le registre
Le labrador chocolat
La couleur la plus discutée de la race : la génétique du chocolat, ce qu'elle promet et ne promet pas, et pourquoi elle a fait des élevages.
Noté le · N. Delorme, rédactrice de dressage · relu par P. Castaing

Le labrador chocolat est le manteau qui a fait des élevages : rare pendant des décennies, recherché ensuite, et toujours le premier mot que le visiteur prononce. Le cahier y consacre une page parce que la couleur est la leçon la plus simple de la génétique, deux gènes, trois couleurs, et la plus trompeuse : elle apprend que le pelage se lit, et qu'il ne dit pas tout.
Les deux gènes des trois couleurs
La robe du labrador se joue sur deux loci : le locus B, qui décide du noir contre le chocolat, et le locus E, qui décide si le pigment se dépose du tout, le jaune. Un labrador noir porte au moins un allèle dominant des deux ; un chocolat porte la paire récessive du locus B ; un jaune porte la paire récessive du locus E qui masque tout. Trois couleurs, deux interrupteurs, et le tableau qui en découle explique pourquoi deux noirs peuvent donner des chiots de toutes les couleurs, et pourquoi deux jaunes ne donneront jamais de noir. Et les tableaux de couleurs tenus pour d'autres races de travail disent la même logique : autres robes, mêmes interrupteurs.
Pourquoi le chocolat a eu une histoire
Le chocolat fut longtemps le manteau de la minorité : moins présent dans les pedigrees, souvent écarté des programmes de beauté, et choisi par les éleveurs de travail qui le tenaient pour une couleur de terrain. L'ancien site de ce domaine appartenait à cette école : les fiches des chiens chocolat y tenaient la première place, et les portées annonçaient noir et chocolat comme un fait et non comme une rareté. La génétique le confirme : la couleur n'a rien à voir avec le travail, et l'éleveur qui choisit le chocolat choisit un chien, pas une couleur.
Ce que la couleur ne dit pas
Le mythe du chocolat a deux faces : ceux qui l'ont trop payée comme rareté, et ceux qui l'ont accusée de tout, nervosité, santé, travail moindre. Les deux parlent d'habitude. Une couleur n'est pas un tempérament : un labrador chocolat bien né d'une lignée de travail est un labrador de travail, et un chocolat d'une lignée mal choisie est un chien mal choisi, pas un chien chocolat.
On lit la couleur dans le pedigree comme on lit les tableaux de couleurs tenus pour une autre race : comme un fait d'héritage écrit, qui dit ce que les parents portaient et rien de plus. La valeur du chien est ailleurs, dans la tête, la gueule, la ligne de travail, et le cahier tient la couleur pour ce qu'elle est : une écriture.
Le chocolat dans le travail
Le chocolat a porté une réputation injuste : celui de la couleur des débutants, choisie par ceux qui ne lisent pas. L'élevage de travail l'a redressée : les meilleures lignées de rapport ont produit des chocolats qui ont gagné, et le registre en garde la preuve. Le site historique de ce domaine, dont la spécialité était le labrador chocolat de travail, faisait partie de cette école qui lisait la couleur comme un fait, pas comme une mode.
Le cahier le répète : la couleur se choisit en dernier, quand le reste est lu. Celui qui choisit le chocolat parce qu'il est beau fait un choix légitime ; celui qui le choisit en croyant qu'il fait un meilleur chien fait une erreur, et celui qui l'écarte en croyant qu'il en fait un moins bon la même.
La page, relue
Le mécanisme des deux loci (B pour noir/chocolat, E pour le dépôt du pigment) est la génétique établie de la race, enseignée dans tous les textes de couleur ; la lecture « couleur = héritage, pas promesse » est la position des éleveurs de travail.


