PO-02La portée
Les premières semaines
Les huit premières semaines d'une portée : la mise bas, la socialisation, le sevrage, et pourquoi ces semaines-là font le chien adulte.
Noté le · N. Delorme, rédactrice de dressage · relu par P. Castaing

Avant le dressage il y a la naissance, et les huit premières semaines d'une portée décident plus de choses que toutes les leçons qui suivront. Le cahier y consacre une page parce que c'est la période où l'éleveur fait seul : ni club, ni juge, ni conducteur, seulement la mère, l'éleveur, et un cahier dédié au dressage du chiot qui commence par le corps avant d'arriver aux exercices.
La mise bas et les premiers jours
Les premières semaines sont celles de la mère : la mise bas, les premières tétées, les yeux qui s'ouvrent vers deux semaines, les premiers pas maladroits. L'éleveur veille, pèse, tient la caisse propre, et écrit tout, le poids de chaque chiot matin et soir, les temps de tétée, les premières sorties hors de la caisse. Le registre commence là, pas au pedigree.
La socialisation
À partir de la troisième semaine, le monde entre : les bruits de la maison, les mains de l'éleveur, les odeurs du jardin, les autres chiens du chenil, puis les visiteurs. C'est la période où le chiot apprend qu'un bruit n'est pas un danger, qu'une main est une caresse, qu'un homme n'est pas une menace. Les éleveurs de travail y ajoutent les odeurs du métier, le dummy, la plume, parfois la première marche dehors, parce que le chiot qui aura le travail pour métier le rencontre ici.
Le sevrage et le choix du départ
Le sevrage se fait vers la sixième semaine, quand les dents sortent et que la mère se fatigue ; le passage à la nourriture solide est aussi le passage à l'autonomie. Le départ ne se fait pas avant huit semaines, la loi le pose, le bon sens le confirme : le chiot part avec ses papiers, son premier vaccin, sa puce, et les semaines d'éducation que l'éleveur lui a données.
Ce que ces semaines laissent
Le chiot qui part à huit semaines emporte tout ce que ces semaines ont écrit : la confiance du bruit, la sociabilité, le début du nom, parfois le début du rappel. Le chenil qui a fait ce travail n'a pas à s'en vanter : il suffit de regarder le chiot arriver chez sa famille sans peur pour lire ce que les semaines ont fait. C'est la première page du registre, et la plus lourde de conséquences.
La caisse et le jardin
Le travail des premières semaines se joue dans deux lieux : la caisse de mise bas, où le chiot apprend la chaleur et la mère, et le jardin ou la cour, où il apprend le monde. Le passage de l'un à l'autre, la première sortie, le premier bruit, le premier jeu, est le moment où le chiot cesse d'être un animal de la caisse pour devenir un chien.
Le cahier note la température et les poids parce que c'est ainsi que l'élevage se tient : la mère qui allaite bien, le chiot qui prend, la caisse propre. Le reste, la socialisation, le sevrage, le départ, découle de ces premières semaines bien tenues. Le registre commence le jour de la naissance, pas le jour du pedigree.
La page, relue
Les étapes décrites, mise bas, ouverture des yeux, socialisation, sevrage, départ à huit semaines, suivent la pratique des élevages familiaux et les exigences légales françaises de vente des chiots ; le cahier ne fait que les noter.


